Guatemala #1 : Des ruines, des bêtes et de la variété

On est entrés au Guatemala par le Peten, la région la plus pauvre du pays, qui abrite son site archéologique le plus célèbre : celui de Tikal. Arrivés sur place en fin d’après-midi, on en a profité pour faire un premier tour de reconnaissance afin de se faire une idée de ce qui nous attendait le lendemain. Et on a pas été déçus : dindes sauvages aux couleurs éclatantes, toucans, coatis et même des agoutis (ces espèces de rongeurs un peu ridicules aux fesses plus hautes que le reste du corps.)

Après avoir passé la nuit bercés par le chant des singes hurleurs on s’est levés à l’aube pour être au milieu des ruines aussi tôt que possible. Nos efforts ont été largement récompensés. Le site baigné dans la brume, les cris des singes et les caquètements des perroquets, le lieu quasiment désert. C’est une évidence : Tikal aura été notre site archéologique favori, et de très loin !

Après 5 ou 6 heures à grimper sur les pyramides on est ressortis épuisés et on a décidé d’aller s’échouer pour une nuit sur les bords du lac Peten-Itza (si le nom vous évoque celui d’un célèbre site mexicain c’est normal, car c’est le même peuple qui fuyant l’ancienne cité sera venu trouver refuge sur les bords de ce superbe lac) dans le petit village d’El Remate. Notre lieu de bivouac était tellement idyllique qu’une nuit se changera vite en deux puis trois.

Au bout d’un moment il faut pourtant se décider à avancer un peu. Notre prochain arrêt se fera à La Candelaria pour aller visiter ses fameuses grottes. On arrive à un premier site en fin d’après-midi où l’accueil, plus que frais, se fait glacial lorsqu’on demande à passer la nuit sur place. On nous indique alors un lieu de bivouac tout proche, à 2 km tout au plus. Le lendemain on découvrira que l’endroit en question était à une bonne vingtaine de kilomètres ! Heureusement en chemin on tombe sur un site qui a l’air de proposer des tours dans les caves. On s’arrête et là : miracle, on nous laisse passer la nuit sur place et on s’arrange pour organiser un tour le lendemain matin. Au réveil on apprend que le tour en tubbing (c’est-à-dire en flottant sur une chambre à air, les fesses dans l’eau) est impossible car le niveau de l’eau est trop élevé à cause de la pluie, on se contentera donc du tour « sec », c’est à dire d’une randonnée jusqu’à l’une des grottes. Notre guide Raùl prend le temps de nous expliquer des tas de choses sur la végétation, la formation des grottes et la communauté Keqchi qui gère le lieu. Et en plus ils produisent du chocolat à la cannelle et à la cardamome, le bonheur !

Notre prochaine étape est la ville de Coban, où l’on a pris contact avec le club Volkswagen local. On est donc reçus très chaleureusement par Dany et Julio qui prennent le temps de discuter avec nous, l’occasion tant attendue de dégrossir notre espagnol. On laisse le combi en lieu sûr chez nos nouveaux amis afin de partir visiter le site de Semuc Champey (de l’avis général la route passe de un peu mauvaise à franchement pourrite pour s’y rendre). On s’entasse donc dans un minibus, sous les regards franchement amusés des locaux pour parcourir la cinquantaine de kilomètres qui séparent Coban de la petite ville de Lanquin. Les paysages sont magnifiques mais ça tourne, ça monte, ça descend, nos voisins s’endorment sur nos épaules. Et moi qui apprécie autant les transports en commun qu’un chat sauvage… J’adopte rapidement une couleur verdâtre qui ne me quittera qu’après quelques heures. On est aussi un peu déstabilisés par la nonchalance avec laquelle les autres passagers du bus balancent leur déchets par les fenêtres et on se contente d’observer, impuissants.
Arrivés à Lanquin il faut changer de moyen de transport pour les 10 km restants : on grimpe à l’arrière d’un pick-up et c’est parti pour les montagnes russes sur une piste complètement défoncée. On arrive à l’entrée du site épuisés et on s’installe pour la nuit dans une auberge de jeunesse juste avant l’entrée des piscines. Une bonne nuit de sommeil fera du bien. Enfin, c’était sans compter sur nos amis les backpackers qui ont décidé de célébrer… tout un tas de choses en fait. Jusqu’à 3 heures du matin on entendra donc beugler nos voisins sur des fonds de dance des années 90. En fin de soirée, sans doute un peu éméchés, ils se mettent en tête de scander les noms des pays dont ils viennent, à la manière d’une bande de pokemons ivres morts. On entend donc de nombreux USA, quelques Australia et, malgré la réticence très audible du principal intéressé, un petit Korea !
Le combi nous manque déjà ! Le matin à la première heure on se rend sur le site de Champey, on est les premiers sur les lieux, les autres voyageurs doivent encore être en train de cuver dans leur dortoir. On grimpe donc jusqu’au mirador, pour admirer les superbes piscines naturelles d’eau turquoise qui s’étendent en contrebas et on se dépêche de redescendre pour quelques heures de baignade bien méritée. Dans l’eau on remarquera la présence, nombreuse, de petits poissons mangeurs de peaux-mortes visiblement affamés. Ca amuse beaucoup Vincent !

Le trajet du retour nous paraît un peu moins difficile, sans doute parce qu’on sait à quoi s’attendre. Dans le pick-up qui nous ramène sur Lanquin on fait la connaissance d’un instit qui travaille dans la vallée voisine et qui fait l’aller-retour tous les jours, qu’il vente ou qu’il pleuve. Vue la taille des bleus que m’auront laissé ces deux trajets je me dis que ce monsieur a bien du courage et que décidément l’enseignement est une véritable vocation !
En rentrant sur Coban on retrouvera nos amis Dany et Julio pour une dernière soirée avant de prendre la route vers Ciudad Guatemala.

En chemin on s’arrêtera au parc dit du « Biotope du Quetzal » cet oiseau mythique, emblème du pays et dont les plumes ornaient les coiffes des hauts dignitaires mayas. On espère apercevoir l’animal, qui est apparemment assez timide et capricieux. Il ne vit que dans des forêts d’altitude, a besoin de plus de 80% d’humidité dans l’air pour vivre et ne peut pas survivre en captivité. Ah oui, il est aussi très mignon avec sa tête de peluche, pour ceux qui ont des doutes sur mes motivations profondes. Si tôt garés sur le parking à l’entrée du parc, le gardien nous dit de jeter un œil dans l’arbre juste au-dessus du combi et, oh miracle, un quetzal ! Bon c’est une femelle, elle n’est pas aussi majestueuse que le mâle mais tout de même, on est ravis.

On emprunte l’un des sentiers de randonnée du parc dans l’espoir d’apercevoir « el macho.» On finit notre rando sans avoir vu d’autre quetzal, tant pis, on reste la nuit et on se met un réveil à 4h30 pour venir se poster à l’entrée du parc pour surprendre l’oiseau au cours de son petit-déjeuner.

Au bout d’une petite heure d’attente, on aperçoit enfin les deux serpents de plumes qui passent au-dessus de nos têtes. Peut-être que mes mains tremblaient un peu d’excitation, les photos sont un peu floues. En tout cas le pari est réussi, on a pu observer les quetzals et on est ravis.

Avant de reprendre la route on décide de prendre nous aussi notre petit-déjeuner, on retourne donc au combi qu’on a garé devant la cabane des gardiens du parc, trois hommes qui vivent là dans des conditions rudimentaires mais qui ont l’air de bien s’amuser. On passe donc dans leur maison pour faire un brin de vaisselle et là, bam, nous voilà transportés dans un décor digne d’un film de Kusturica : les trois types attablés au fond de cette cabane en bois éclairée par une ampoule unique qui pend au plafond, et un système de son qui ferait pâlir d’envie une discothèque de village : deux enceintes énormes projettent de la musique à un volume assourdissant. On se regarde interloqués Vincent et moi : « mais cette chanson est en français ? ». Renseignement pris auprès du DJ local, on peut donc vous confirmer que même au fin fond du Guatemala Nana Mouskouri a une base de fans solide !

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