Colombie #1: On prend les mêmes et on recommence

Arrivés à Cartagena on était quelques-uns à être heureux de retrouver la terre ferme.

Restait un peu de paperasse avant de pouvoir quitter le port, mais rien de bien compliqué a priori par rapport aux formalités côté panaméen. En plus, en attendant que les papiers soient tamponnés on va s’installer dans un parc sur le port et là surprise : un petit refuge d’animaux sauvages. Bien que la plupart d’entre eux soient dans des cages on peut rentrer dans celles-ci et se balader au milieu des animaux. Pas mal comme salle d’attente.

Manque de bol, comme les autorités portuaires étaient habituées à voir débarquer 3 ou 4 voitures par trajet ils n’étaient pas préparés pour la petite vingtaine de véhicules qui est sortie de ce ferry… Ainsi donc pas question de faire les papiers d’assurance pour tout le monde, seuls quatre veinards ressortiront avec le précieux sésame au bout de quatre heures de dédale administratif. Problème : impossible de rouler sans assurance et interdiction de passer la nuit dans le port. Au bout de quelques minutes de discussions animées un compromis est trouvé : c’est comme ça qu’une horde de voyageurs se retrouvera à squatter le parking à l’entrée du port de Cartagena, vue la tête des passants cette situation était assez exceptionnelle. Le soir on décide de fêter ça avec un petit apéro improvisé devant le combi. Ca y est nous sommes en Amérique du Sud !

Le lendemain, on attend impatiemment de récupérer nos assurances pour pouvoir quitter le parking. Il y fait une chaleur insupportable et il n’y a pas la moindre trace d’ombre pour se protéger du soleil. On improvise donc un auvent de fortune avec nos voisins Brendan et Bridget.

Au final on parviendra à quitter les lieux à la nuit tombée pour rejoindre notre coin dodo à proximité de la ville. C’est donc le troisième jour sur place qu’on partira enfin à l’assaut de Cartagena de Indias. L’attente en valait la peine : malgré la chaleur suffocante on est ravis de parcourir les jolies ruelles colorées du centre-ville. On y retrouve quelques amis rencontrés sur le ferry : Victor et Carolina, Urs et Barbara et on a tous la même idée brillante : aller visiter le musée de l’or. Pour la petite histoire c’est LE musée gratuit de la ville et ils ont la clim, une denrée extrêmement rare et précieuse.

On décide de ne pas s’attarder et de rejoindre les plages au plus vite tant la chaleur est écrasante dans la ville. A quelques dizaines de kilomètres de Cartagena se trouve un superbe attrape-touristes : le volcan El Totumo. Mais qu’est-ce qui peut rendre ce minuscule volcan si irrésistible pour les touristes ? Il est célèbre pour ses bains de boue. En effet le cratère est rempli de boue à température ambiante. On y entre par une petite échelle et ensuite il faut essayer de se maintenir droit sans avoir les fesses qui remontent à la surface. L’expérience est très surprenante : au début en voyant ça d’en haut on commence à regretter d’être là. Pas particulièrement envie d’aller s’entasser dans cet espace minuscule avec une quinzaine d’inconnus. Et puis finalement on se lance et il faut bien admettre que c’est assez amusant. Il y a beau y avoir 15 mètres de profondeur, impossible de le deviner tant la densité de la boue est forte. Il faut lutter pour ne pas rester en suspension à la surface.

En ressortant on va se rincer dans le lac à côté et on reprend la route en direction du Parc National Tayrona.
Au programme de ce parc : des plages magnifiques, des singes titi aux coiffures… surprenantes et des lézards fluorescents. Le seul bémol est que les courants sont très forts sur cette partie de la côte, du coup la baignade y est limitée à quelques plages. On y restera trois jours, notamment afin d’amortir le prix d’entrée au parc qui est franchement excessif, mais bon il s’agit de nos derniers instants sur la côte Caraïbe…

Après ça on prend la direction de Bucaramanga où l’on veut aller voir un garagiste (ça faisait longtemps) car le combi consomme beaucoup d’huile et le moteur semble avoir tendance à surchauffer… En chemin on s’arrêtera pour le week-end à un petit “balneario” : une parcelle au bord d’une rivière où l’on pourra se rafraîchir à loisir, ça fait du bien.

Enfin la dernière étape avant Bucaramanga est Giron, une charmante petite ville coloniale aux murs blanchis à la chaux. Mais toujours cette chaleur épouvantable alors que nous sommes à 1000 mètres d’altitude.

Arrivés à Bucaramanga on retrouve Yolima qui nous accueille dans son garage. On tente un dernier coup de poker avant d’envisager de tomber le moteur une énième fois et on remplace notre huile par une autre plus épaisse…

Pour tester cette nouvelle configuration on se rend à Ruitoque où Vincent s’offre un vol en parapente. Le cadre est superbe, de là-haut on a une vue imprenable sur toute la ville. Malheureusement pour notre moteur le verdict est sans appel : la pression d’huile est trop faible et on risque la surchauffe !

Nous voilà donc de retour au garage de Yolima où nous allons passer quelques temps (environ quatre semaines pour être exact.) Vincent passe ses journées la tête dans le moteur avec le mécano et à envoyer des messages sur internet pour tenter de comprendre quel est notre problème. En effet, chaque partie du moteur prise séparément semble fonctionner parfaitement, pourtant il y a quelque chose qui coince. C’est donc à force de tâtonnements qu’ils en viennent à changer plusieurs pièces pour qu’on obtienne enfin un résultat probant.
Mais qu’est-ce qu’on a bien pu faire pour s’occuper durant ces quatre semaines ? A vrai dire pas grand chose. Si au début le fait de rester quelques temps au même endroit avait l’avantage de nous laisser reprendre notre souffle, passés les premiers jours on s’est un peu mis à tourner en rond.

Heureusement il y avait plusieurs commerces pas trop loin. On s’est donc lancés dans la dégustation de fruits. Tous les jours on allait donc acheter des lulos, des maracuyas, et autres mamones.

On a aussi pu prendre le temps de se faire des plats un peu plus “élaborés” qu’à l’accoutumée (je laisse ça entre guillemets car il ne s’agit pas exactement de grande gastronomie). Qui aurait cru qu’on pouvait faire des pizzas sans four ? On a également redécouvert le plaisir de faire des crêpes.

Bref on s’est occupés comme on a pu.

Ce qui est sûr c’est que cette pause forcée, qui aura été le plus long arrêt de notre voyage, aura marqué un tournant dans celui-ci. Déjà parce qu’après tant de soucis mécaniques on en est évidemment arrivés à se poser des questions sur notre voyage, sur le van et sur ce qu’on avait envie de faire. Ainsi on a pu prendre le temps d’en discuter et se rendre compte que ce voyage, malgré les problèmes occasionnels, était ce qui pouvait nous arriver de mieux. Pas question de s’arrêter en chemin. L’autre aspect positif de notre sur-place à Bucaramanga aura été de pouvoir se remettre à apprécier ce qu’on avait sous les yeux à sa juste valeur. Au bout de bientôt un an de voyage, il peut arriver d’être légèrement blasés de tout ce qui nous entoure, comme si le cerveau n’arrivait plus à assimiler la quantité de nouveautés qu’il ingurgite chaque jour. Au même titre qu’on peut ressentir une sécheresse des yeux quand on passe trop de temps à fixer un écran, peut-être avait-on la cervelle un peu sèche à force de voir défiler les paysages à toute vitesse (enfin à 60km/heures c’est pas non plus la vitesse de la lumière, mais vous avez compris l’idée.) Aussi la joie qu’on a éprouvée en repartant de Bucaramanga à bord du combi nous a confirmés qu’on était prêt pour une deuxième tournée : nous revoilà sur la route et on compte bien y rester aussi longtemps que possible !

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