Equateur #3 : Tant qu’on a la santé

De retour sur le continent on en a profité pour visiter le centre de Quito. Si beaucoup de voyageurs nous avaient mis en garde contre cette ville on l’a au contraire trouvée très agréable et “détente”. Après avoir fait le tour de ses églises dorées on a fait nos adieux à la capitale pour nous rendre… dans un garage, encore !

Heureusement on était en bonne compagnie avec toute la petite famille de Diego et Thalès, notre ami brésilien qui lui aussi avait des pépins avec son combi. C’est donc une fois de plus dans un garage qu’on a fêté l’anniversaire de Vincent. Par contre ça nous aura permis de déguster notre première feijoada brésilienne et les nombreuses caïpirinhas qui l’accompagnaient grâce aux talents de cuistot de Thalès.

On en aura aussi profité pour aller faire un tour sur l’immense marché de Sangolqui et y tester quelques spécialités locales.

Après avoir remis la bête en état on a repris la route pour aller se frotter au plus célèbre volcan d’Equateur (sa célébrité s’est encore accrue récemment puisqu’il est entré en éruption une petite quinzaine de jours après notre passage) : j’ai nommé le Cotopaxi. Outre la chance de pouvoir aller se balader dans le parc national avant sa fermeture pour les raisons évoquées ci-dessus on aura également eu le privilège d’apercevoir le géant sous un ciel dégagé, un spectacle époustouflant.

Après une nuit bien fraîche à 3800 mètres d’altitude on a fait une petite balade au pied du monstre avant de se lancer dans son ascension (enfin de monter jusqu’au pied du glacier, au-delà il faut un guide).

Malheureusement une fois arrivés au parking le sommet était couvert et le vent et la neige qui nous fouettaient le visage rendaient la montée difficile. Pas grave, on en profitera tout de même pour aller sauter dans les congères avant de redescendre.

Le lendemain un ciel bleu sans un nuage à l’horizon motivera Vincent à retenter l’ascension jusqu’au glacier (à un peu plus de 5000 mètres d’altitude tout de même). Moi je reste me reposer au combi, peut-être est-ce dû à l’altitude mais je me sens épuisée depuis quelques jours… Et pendant ce temps il y en a un qui se régale de la vue sur toute la vallée à ses pieds !

En sortant du parc on redescend de quelques mètres pour une nuit seulement car le surlendemain on a rendez-vous avec la lagune de Quilotoa, et ses eaux bleues turquoise qui remplissent le cratère d’un ancien volcan, tout ça à 3900 mètres d’altitude, avec un vent à décorner les bœufs.

C’est là qu’on passera les deux nuits les plus froides du voyage jusqu’à présent, avec un peu moins 10°C à l’intérieur du combi au réveil. On part dans le but de faire le tour de la lagune en empruntant le chemin des crêtes mais une fois de plus je me sens épuisée et au bout de deux heures il faut faire demi-tour. Vincent passera donc l’après-midi à explorer le bord de la lagune tout seul.

Là il faut quand même que je vous explique deux ou trois choses. En Equateur les soins d’urgence sont gratuits, du coup nous n’avons pas eu trop de scrupules à aller faire un saut à l’hôpital de Quito pour essayer de comprendre d’où me venait cette fatigue soudaine. Après une petite série d’analyses ne montrant rien de concluant le médecin m’explique que c’est sans doute le mal de l’altitude et que « Quito est le point le plus haut de l’Equateur, à presque 4000 mètres »… Pourtant la capitale culmine à un petit 2800 mètres, soit plus bas que beaucoup d’endroits par lesquels nous sommes passés en Colombie et en Equateur, mais bon.
Quelques jours plus tard, lorsque nous étions au garage, je me suis réveillée avec les paupières gonflées, à un tel point qu’il m’était difficile de garder les yeux ouverts. Rebelote, direction les urgences. Une fois de plus on m’affirme que je vais bien… Les soins sont gratuits, soit, par contre en termes de diagnostic on reste assez léger. Comme au bout de quelques jours mon oedème des paupières semble s’être un peu résorbé on décide de reprendre la route, et vous connaissez la suite.
Après Quilotoa, la prochaine étape toute indiquée est la ville de Baños, et ses environs verdoyants sur la route de l’Amazonie. Malheureusement de fortes pluies ont provoqué des glissements de terrain et le bassin amazonien semble difficilement accessible par la route. Nous tirons donc un trait sur cette partie du pays et décidons de nous cantonner à Baños et la route des cascades voisine.

Mais après une première nuit à Baños je me réveille avec des douleurs articulaires très vives. Quelle chance, Baños aussi a un hôpital ! On y passe donc plusieurs heures pour s’entendre dire que tout va bien, à nouveau. Lorsque je perds patience en expliquant au médecin que tous ces symptômes me paraissent anormaux il m’explique qu’il faut aller voir un spécialiste. Oui mais un spécialiste de quoi ? Là il botte en touche…

On décide donc d’aller passer quelques jours dans un camping à Rio Verde, quelques kilomètres en contrebas sur la route des cascades. Quelle riche idée d’être allés là-bas ! On y fait la connaissance de Sue, la propriétaire des lieux. Bien qu’elle soit brésilienne elle parle parfaitement le français car elle a vécu plusieurs années à Paris. Lorsqu’on lui dit que notre ami Thalès, lui aussi brésilien, doit être dans les parages, elle nous dit de le faire venir. Le lendemain à 7 heures on est réveillés par les bruits d’un moteur qu’on connaît bien, Thalès ne se sera pas fait attendre ! Dès le petit-déjeuner nous voilà plongés dans une ambiance surréaliste, ça braille en français, en brésilien et en espagnol. Et comme français et brésiliens ont en commun une passion pour les plaisirs de la table nous voilà déjà en train de mettre au point les menus pour les trois jours à venir.
Finalement on arrivera à quitter la cuisine pour quelques heures afin d’aller découvrir le Pailon del Diablo (la marmite du diable), une cascade tonitruante qui se trouve à un petit kilomètre du camping. On prend des seaux d’eau sur la tronche, on doit passer à travers des tunnels minuscules ou il faut avancer accroupis pour s’approcher de la cascade, mais le jeu en vaut la chandelle.

En rentrant au camping on fait la connaissance de nos nouveaux compagnons pour les deux jours à venir : Friederike et Christophe, un couple suisse. On passera pas mal de temps dans la salle commune à tous se bidonner des histoires farfelues de Thalès entre deux repas.

Malheureusement pour moi, la fatigue et les douleurs articulaires ne me lâchent plus. Un matin, voyant que je n’arrive même plus à me mettre debout toute seule Vincent insiste pour que nous retournions voir un médecin. Sur les conseils de Sue on se rend donc chez un généraliste, au bout de cinq minutes il me dit qu’il faut aller voir un rhumatologue, et que ça pourrait être une maladie auto-immune. Youpi ! Problème, point de rhumatologue à Baños. Il faudra donc attendre la prochaine grosse ville pour être fixés.
Au bout d’un moment il est temps pour nous de faire nos adieux à nos amis suisses, qui eux remontent vers les USA et à notre hôte merveilleuse. Merci Sue pour ces quelques jours au Pequeño Paraiso qui porte décidément bien son nom !

Sur la route de Cuenca on reste en compagnie de Thalès qui lui aussi descend vers le Pérou. Les paysages qui se succèdent sont d’une beauté rare. Une fois de plus l’Equateur nous émerveille.

Arrivés à destination, on se rend immédiatement chez un rhumatologue. Après toute une batterie de tests et d’échographies des articulations nous voilà plus légers de quelques centaines de dollars… Mais aussi rassurés, ce n’est pas une maladie auto-immune mais une réaction étrange appelée « érythème noueux », qui serait due à une infection… Impossible d’en savoir plus, cette maladie restera un mystère. Mais qu’à cela ne tienne, elle a le mérite d’apporter une explication à ma fatigue chronique et à tous les autres symptômes. Et au bout de trois semaines sous anti-inflammatoires je finirai par en voir le bout.
Voilà pour les questions de santé, et désolée si toutes ces explications traînent en longueur. Mais raconter toute cette partie du voyage en omettant cet aspect me semblait dénué de sens. Il faut dire que j’aurais été malade plus de deux mois, et qu’après tous les problèmes que nous avons eu avec le van la pilule aura eu du mal à passer. Bien entendu nous nous sommes posé les questions inévitables ( et je vous rappelle que pendant plus d’un mois tous les médecins que j’ai vu m’ont assuré que je n’avais aucun problème) : est-ce que ce voyage ne nous en demande pas trop ? Ne vaut-il pas mieux rentrer en France ? Et pourtant, malgré tout ce qui a pu aller de travers, on n’avait aucune envie d’en rester là. Il en faudra plus que ça pour nous démotiver. Et puis il faut dire aussi que malgré tout ça on a eu un énorme coup de cœur pour l’Equateur. On a été séduits par la beauté et la variété de ses paysages, et la gentillesse incroyable de ses habitants.

Refermons cette parenthèse pour poursuivre nos péripéties. Après avoir découvert son quartier des hôpitaux on a voulu voir le centre de Cuenca, et bien nous en a pris. Vincent est persuadé que ce qui m’a séduit dans la cathédrale c’était son matériau, qui rappelait des choses à la toulousaine que je suis.

Le reste de la ville était également très agréable, d’autant plus que nous l’avons visité sous un soleil radieux.

Après avoir fait nos adieux à Thalès on a pris la route de la côte, mais non sans un dernier passage dans les montagnes, via le parc d’El Cajas où l’on fera une petite balade autour d’une jolie lagune.

En redescendant vers la côte on se retrouvera plusieurs fois au-dessus d’une mer de nuages. Les photos parlent d’elles-mêmes.

Hélas le bord de mer ne nous réserve pas un temps aussi beau que la sierra. Il faut dire aussi qu’ici c’est l’hiver et que la « guara », cette brume à couper au couteau, est omniprésente.

On file donc vers la petite ville de Puerto Lopez d’où partent des excursions de quelques heures pour aller observer les baleines. Et pour une fois nous sommes au bon endroit au bon moment pour faire leur rencontre car c’est la saison où elles migrent vers le sud accompagnées de leurs baleineaux. On embarque donc à bord d’une petite bicoque pour aller traquer les baleines à bosse. Mais au bout de quelques instants le remous à raison de mon estomac, et une horrible nausée m’empêche de faire quoi que ce soit, j’ai envie de me jeter à l’eau pour que ça arrête de tanguer. Et puis côté baleines il ne se passe pas grand chose, contrairement à la mer c’est même le calme plat… On apercevra deux ou trois queues de baleines au loin, et ça tangue tellement que tout le monde sur le bateau finit par être un peu vert… Je pense qu’il me faudra quelques années avant d’être capable de penser à une baleine sans avoir envie de vomir.

Heureusement, Puerto Lopez sera également l’occasion de faire la connaissance de Christophe et Géraldine, un couple belge qui voyage à bord d’un beau combi rouge. Si la rencontre est brève (ils font la route dans le sens inverse) ce sera néanmoins l’occasion d’échanger pas mal d’infos pour la suite du voyage.
Après Puerto Lopez nous décidons de laisser une seconde chance à la côte en nous rendant à Montañita, un spot de surf réputé… et la population que ça draine. Nous voilà donc dans une petite ville de bord de mer façonnée pour les attentes des touristes, rien d’authentique ici, et en plus les prix eux aussi sont calqués sur le modèle occidental. On renonce donc définitivement à la côte équatorienne.

On passera nos deux dernières nuits à une centaine de kilomètres de la frontière péruvienne, au milieu des plantations de bananes et de cacao, et on s’offrira même un petit tour dans des eaux thermales, et ce malgré des « recommandations » aux vestiaires qui nous laissent craindre le pire.

Finalement c’est avec un léger pincement au cœur que nous sortirons de ce pays qui nous a tant charmés au cours des deux mois que nous y avons passés.

Une réponse à “Equateur #3 : Tant qu’on a la santé

  1. Coucou les amoureux,
    Vous en êtes où du Pérou?
    A Montanitas, vous n’avez pas dû trouver le camping de Vito. Ça n’avait rien à voir avec les autres endroits hors de prix. En plus, on a rencontré plein de gens du coin! Le tout pour 3USD la nuit si je me souviens bien.
    Nous on est au Brésil sous la pluie…
    Bisous et j’espère que vous allez bien!

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