Bolivie : du sel, des montagnes et des lamas

Il aura fallu quelques mois avant que je vous livre nos impressions sur ce pays… Et pourtant ce n’est pas parce qu’il n’y a rien à en dire, bien au contraire.
Notre arrivée en Bolivie se fera, bien évidemment, par les bords du lac Titicaca. On passera donc deux nuits à Copacabana d’où on réservera un tour de bateau pour se rendre sur la célèbre Isla del Sol. Là le bateau nous laissera d’un côté de l’île et nous récupèrera quelques heures plus tard de l’autre côté. Et la balade sur les cimes à cette altitude et sous un soleil de plomb s’avère assez difficile. Pourtant le cadre en vaut la peine. On se croirait en Corse ou en Grèce. La couleur de l’eau, de la pierre, et jusqu’à l’odeur de la végétation, nous font oublier qu’on se trouve à plus de 3500 mètres d’altitude et au beau milieu d’un lac.

En retrouvant la terre ferme on profite également d’un superbe coucher de soleil sur le lac. La Bolivie marque pas mal de points d’entrée de jeu.

Et avant de faire nos adieux au lac Titicaca on le traverse en bac avec le combi. Sur le bac Vincent se fait chambrer par deux mamies. Hélas on ne saura jamais ce qu’elles lui ont dit, et non on ne parle pas quechua!

Une fois sortis du bac on se trompe de route pour rejoindre le site archéologique de Tiwanaku. Et nous voilà partis pour une journée de piste pourrie. Heureusement on se console en profitant des paysages.

Le lendemain à la première heure on est sur le pont pour visiter le site de Tiwanaku. On est absolument seuls sur place, et on constate que les fouilles sur le site sont toujours en cours. Peut-être qu’en revenant dans 10 ans nous ne reconnaîtrions même pas les lieux… Malgré la chaleur écrasante on se plaît à déambuler entre tous ces édifices en pierre rouge et à traquer les chinchillas qui y ont élu domicile.

On n’aura pas de coup de foudre pour La Paz. On s’y arrêtera le temps de faire un stock de provisions, capitale oblige, et de constater qu’il est sacrément difficile de lire l’heure à l’envers…

Très vite nous revoilà sur la route, prochain arrêt Potosí AKA la plus haute ville du monde avec pas moins de 4070 mètres d’altitude.  En chemin on ne croise quasiment personne. Seuls les lamas occupent cet immense territoire désertique.

On tombe immédiatement sous le charme de cette vieille cité coloniale et de ses édifices colorés.

Une fois de plus je me retrouve obligée de faire l’impasse sur une activité. Il faut dire que la crève à 4000 mètres d’altitude c’est pas hyper agréable. Vincent partira donc seul à l’intérieur du Cerro Rico pour faire la connaissance des mineurs qui y mènent une vie de misère en tentant d’extraire le peu d’argent qu’il reste dans la montagne. Celle-ci s’apparente d’ailleurs de plus en plus à un gruyère. C’est également pour lui l’occasion de parler politique avec les locaux. Et ils ont beaucoup à dire sur leur président, Evo Morales, dont on croise le portrait à tous les détours de rue. Il faut dire aussi qu’ils vivent dans une des régions les plus touristiques du pays et pourtant l’une des plus pauvres…

Notre séjour à Potosi touchait à sa fin quant débarquèrent dans notre camping deux autres voyageurs et un chien. Nous venions de faire la connaissance de Sarah, Erdem et Tara qui comme nous souhaitaient se rendre sur le Salar d’Uyuni et, de là, gagner le Chili en empruntant les pistes chaotiques du Sud Lipez.
Beaucoup de voyageurs en 4X4 choisissent cette option. La région est célèbre pour ses lagunes colorées et ses paysages lunaires. Sans 4X4 il y a deux possibilités. La première consiste à passer par un tour opérateur et suivre un circuit organisé et s’avère assez onéreuse. La deuxième consiste à organiser une “caravane” avec d’autres véhicules et croiser les doigts en espérant que tout se passera bien. Autant dire que rencontrer d’autres voyageurs qui souhaitent faire ce trajet au même moment que nous s’avéra providentiel. Si l’on ajoute à cela le fait qu’ils avaient un 4X4 et qu’ils étaient très sympa alors toutes les conditions étaient remplies pour une expérience mémorable. Au petit matin on décide donc de prendre la route en direction d’Uyuni. Rendez-vous est pris avec Sarah et Erdem.
Sur la route nous croisons une fois de plus très peu de véhicules mais une quantité incroyable de lamas.

Et puis nous avons un très bref aperçu de ce qui nous attend dans les jours à venir.

Dans Uyuni nous retrouvons Mickael, Claire et leurs trois enfants qui eux aussi ont choisi d’emprunter cet itinéraire.
Avant de partir pour le Salar nous décidons de passer une fin d’après-midi et une nuit dans le “cimetière des trains” juste en dehors d’Uyuni. Comme son nom l’indique il s’agit du lieu où tous les trains boliviens viennent mourir. C’est incroyable le nombre de choses qu’on peut faire au milieu de vieux trains abandonnés.

Le lendemain matin nous nous lançons sur cette gigantesque étendue de sel et en faisons notre terrain de jeu pour la journée.

Dès que le soleil commence à décliner nous escaladons l’une des îles du Salar pour admirer le ciel qui vire au pourpre.

Entre le vent et la nuit qui arrive les températures se font glaciales.

A 20 heures tout le monde est au lit.
Dès le matin nous décidons qu’il nous faudra rester une journée de plus pour profiter de tout ce que le Salar a à nous offrir. Et l’emploi du temps est chargé : après une partie de pétanque âprement discutée on enchaîne avec une fondue suisse.

On découvre également qu’il y a de la vie sur le Salar.

S’ensuit un long débat pour déterminer comment ces viscaches ont pu arriver là… Comme ce problème nous semble insoluble nous décidons d’en rester là et de nous lancer dans l’élaboration d’un bonhomme de sel.

On se lève tôt le lendemain pour entamer la route accidentée qui nous mènera jusqu’au Chili. Avant de dire adieu à la civilisation pour quelques jours nous trouvons l’un de ces magasins typiques de l’Amérique du Sud où l’on peut trouver de tout. On s’y ravitaille donc en fruits, œufs, pain et essence. Nous y retrouvons également nos amis Urs et Barbara qui viendront grossir notre groupe.

Ce qui suit se passerait presque de commentaires. Les paysages qui se succèdent sont tous d’une beauté surréaliste.

Le climat est rude, la route non-existante, on ne cesse de tomber en panne et de s’ensabler.

Un matin au réveil nous constatons qu’il fait -6°C à l’intérieur du van, impossible de se faire un café pour déjeuner car notre eau a gelé.

Et pourtant, la vue d’une lagune verte, rouge, de flamants roses, de geysers bouillonnants ou simplement de montagnes aux teintes ocres nous fait oublier toute la difficulté de ce parcours.

Et quand, au bout du cinquième ou sixième jour, nous atteignons enfin les sources d’eau chaude de Chalvari nous réalisons pleinement la chance que nous avons d’évoluer librement dans un environnement à la fois si hostile et si somptueux.

Si vous voulez avoir un aperçu plus vivant de ce que nous avons vécu sur la route des lagunes on ne saurait trop vous conseiller de regarder ce très joli documentaire réalisé par Sarah et Erdem tout au long de la traversée :

Avant de faire nos adieux à la Bolivie nous immortalisons en compagnie de Sarah et Erdem le plus haut passage de frontière de notre voyage.

Une longue descente vers le Chili et la ville de San Pedro de Atacama nous attend.

Un grand merci à Sarah et Erdem à qui nous avons emprunté les photos numéro 30, 31, 32, 40, 43 et 59.

Une réponse à “Bolivie : du sel, des montagnes et des lamas

  1. Pingback: Argentine & Chili : Les Copains d’abord | Retraite Anticipée·

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s