Chili & Argentine #3 : Pas le bout du monde mais presque

En seulement 30 minutes de traversée on se retrouve plongés dans un monde nouveau. L’île de Chiloé a beau se trouver au Chili, difficile, une fois qu’on y est, de ne pas l’oublier. Le caractère insulaire de ce lieu est particulièrement saisissant. Ses habitants y vivent à un rythme à part, et y ont même développé une mythologie unique. Si vous entendez parler d’un sorcier dont le regard peut vous donner la sciatique, ou encore d’un gnome de la forêt qui séduit les femmes lorsque leurs maris sont en mer, pas de doute vous êtes à Chiloé.
Dès la descente du bateau, on a voulu aller retrouver l’Océan. Il faut dire qu’après tous ces lacs il nous avait manqué. Après une succession de petites criques remplies de bateaux de pêche, on trouve ce qu’il nous faut. Et le voisinage est assez paisible.

Il faut savoir que l’île de Chiloé abrite, en saison, des milliers de pingouins venus pondre et élever leurs petits jusqu’à ce qu’ils soient aptes à vivre dans l’eau. Pas de bol pour nous, à notre arrivée la saison touche à sa fin. On se contente donc d’admirer les quelques retardataires. Une semaine après notre passage il n’y aura plus personne sur ces rochers.

En route pour la capitale de la province, Castro, on a la chance d’apercevoir un couple de pudus, ces cerfs miniature.

La ville de Castro nous permet de faire connaissance avec deux spécialités architecturales chilotes : les palafitos, ces maisons sur pilotis très colorées et les églises en bois qui font la fierté de toute l’île.

Après une nouvelle traversée en ferry, on se retrouve sur l’île de Quinchao. On musarde comme jamais.

Une fois de retour sur l’île principale on fait un crochet par Dalcahue pour y admirer l’une des plus belles églises de l’archipel.

Sur l’autre rive la cordillère se rappelle à notre bon souvenir. Il est déjà temps de lever l’ancre.

Très vite après la sortie de Puerto Montt on comprend que la célèbre Carretera Austral nous réserve des paysages prodigieux.

Les ferrys successifs qui nous font découvrir les fjords du sud chilien ont beau convoyer d’autres véhicules, on sait qu’on ne croisera pas grand monde sur la route à cette saison (et oui au moment où nous entamons ce parcours l’automne austral est déjà entamé.)

A la sortie du bateau, la piste nous mène à l’une des entrées du Parc Pumalin. Jusque là nous avons beaucoup de chance avec la météo : la région est réputée pour ses pluies torrentielles et nous la découvrons sous un soleil de plomb.

Un bivouac sur la plage a des relents de Costa Rica. Les algues, dans cette anse, semblent être un terrain de jeu idéal pour les petits dauphins de Commerson.

L’éruption du volcan Chaiten en 2008 a profondément altéré la physionomie de la région.

Les nuages ont beau gagner du terrain peu à peu, ils ne parviennent pas à amocher le paysage, bien au contraire.

Lors d’une randonnée qui est censée nous offrir un point de vue prodigieux sur un glacier on est finalement rattrapés par l’humidité du lieu. Tant pis on se contente d’observer le sol et la variété de choses qui y poussent.

La grisaille nous suit, et nous permet d’apprécier sans doute encore mieux les magnifiques paysages de la route australe. Le gris du ciel contraste superbement avec le turquoise des eaux glaciaires qui jalonnent notre route.

Nous observons de plus en plus d’ibis à face noire en descendant vers le Sud.

Enfin le ciel se fait plus clément lors de notre arrivée dans le parc Queulat. L’occasion de nous lancer dans une randonnée pour aller admirer le glaciar Colgante (ou glacier suspendu.)

Quelques minutes à peine après notre arrivée au point de vue, un grondement tonitruant se fait entendre. On assiste alors à une superbe chute de glace.

Sur le reste de la route qui nous mène jusqu’à Coyhaique, notre première « grande ville » depuis Puerto Montt, on joue à cache-cache avec les sommets et le soleil.

Après un bivouac sur les bords du Rio Simpson, l’arrivée sur Coyhaique nous permet d’entrevoir pour la première fois les couleurs de l’automne.

Très vite, le vert des forêts australes se met à tirer vers l’ocre.

Il fait un temps magnifique lorsque nous arrivons en vue du Cerro Castillo, mais la journée est bien trop avancée pour se lancer dans cette longue randonnée. On s’installe donc au soleil et on se réchauffe les os.

Le lendemain, dès la première heure, on entame cette randonnée « pura subida » comme nous l’a gentiment expliqué le garde forestier. Cela signifie qu’on ne va faire que de la montée pour arriver au Cerro Castillo, pas une seconde de répit pour nos pauvres mollets. Mais notre effort est vite récompensé par la beauté des paysages.

La dernière partie de l’ascension est la plus difficile. Les derniers pas sur la moraine nous coûtent. Et il fait très froid. A midi passé il y a encore des cristaux de glace dans le sol.

Mais une fois arrivés en haut, c’est l’extase. Cette lagune turquoise surmontée de pics acérés, difficile à battre comme aire de pique-nique!

Au bout de quelques temps on aperçoit un condor en train de filer vers la vallée en contrebas.

Lorsque le vent devient trop fort et que les nuages se mettent à recouvrir le sommet on entame la redescente.

Et il nous faudra quelques heures pour rejoindre la vallée. A la fin nos jambes sont tellement douloureuses qu’on termine la randonnée en courant afin de soulager un peu nos articulations.

Sitôt arrivés en bas nous reprenons la route. Notre contre-la-montre avec l’hiver nous laisse peu de répit. Mais nous sommes tout de même moins pressés que ces deux-là. Ils ont acheté un tuk-tuk en Colombie et ont décidé de le conduire jusqu’à Ushuaïa. Et nous qui ne cessions de nous plaindre du froid qu’il fait dans le combi lorsque l’on roule…

Un dernier coup d’oeil dans le rétro pour faire nos adieux à ce somptueux Cerro Castillo :

Au fur et à mesure que nous avançons la route se fait de plus en plus étroite et sinueuse.

L’arrivée sur le lac General Carrera est stupéfiante. Décidément on ne se lasse pas des paysages de la Carretera Austral.

On se paye un tour de bateau sur le lac pour y visiter les caves de marbre ainsi que la célèbre « cathédrale » qui se tient au beau milieu de l’eau. Pour la petite histoire il s’agit du deuxième plus grand lac d’Amérique du Sud après le Titicaca, et il appartient à la fois au Chili et à l’Argentine. Il change d’ailleurs de nom côté argentin pour devenir le lac Buenos Aires. Voilà pour la géographie.

A la fin de notre tour de bateau on se dit qu’on a envie de traîner encore un peu dans le coin. Sur un coup de tête on décide donc de prendre la piste qui rejoint le parc National Laguna San Rafael, qui abrite le champ de glace Nord, qui fait à peu près 4200 km2.

Nous arrivons à l’entrée du parc national en fin d’après-midi pour y découvrir que seuls les tours organisés avec guide sont autorisés dans le parc, oups! Mais c’est sans compter sur la gentillesse du « guardaparque », Alejandro, qui nous propose de nous amener à son point de vue secret, à l’intérieur du parc. Nous voilà donc en train d’escalader des monticules de roches pour arriver, d’un coup au-dessus des cimes et d’apercevoir le glacier Exploradores, l’une des langues de ce fameux champ de glace Nord. C’est des étoiles plein les yeux que nous terminons notre journée autour d’un maté brûlant dans la cabane de notre super guardaparque.

Le lendemain la route est longue pour gagner Cochrane. La beauté des paysages compense, non sans peine, le très mauvais état de la piste.

C’est sur les bords de l’époustouflant Rio Baker que la piste finit par avoir raison de l’un de nos pneus.

En fin d’après-midi l’arrivée sur Cochrane nous permet de souffler un peu, de faire le plein de victuailles et de se mettre en quête d’un nouveau pneu.
C’est finalement équipés d’une simple rustine que nous partons vers le parc Valle Chacabuco qu’il nous faudra traverser de part en part pour gagner l’Argentine.
Une fois de plus la piste est assez mauvaise mais elle en vaut bien la peine. Nous croisons un nombre incalculable de guanacos, quelques flamants roses et surtout de gigantesques étendues sauvages.

Une fois arrivés au poste frontière on nous annonce que le côté argentin est en bien plus mauvais état… Wait and see!

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