Argentine #4 : A World of Ice and Fire

Après que les douaniers nous aient averti du très mauvais état de la piste on suit donc les recommandations des panneaux et on roule « muy despacito »…

Visiblement pas assez car quelques kilomètres après la frontière on se rend compte qu’on a perdu l’un des écrous qui fixent les amortisseurs. Nous voilà donc avec un amortisseur de moins sur la piste la plus mauvaise qu’on ait eu à affronter… Et bien sûr pas âme qui vive à des kilomètres à la ronde.

On bricole donc un système de fortune avec des écrous « empruntés » sur l’un des rares panneaux de signalisation qui jalonnent la route. On se retrouve donc contraints de rouler au pas et de s’arrêter toutes les 15 minutes pour resserrer notre bricolage. Les 24 heures qui suivent cet incident sont un peu « tendues ». Ca ne nous empêche pas de profiter des paysages grandioses et d’admirer les nandous, ces petites autruches grises.

Une fois le bitume en vue, on pousse donc un cri de soulagement, enfin la civilisation!

On laisse donc derrière nous le mauvais « ripio » du Paso Roballos pour gagner la « ville » de Bajo Caracoles, sa station essence et ses vingt habitants.

Mais c’est sans compter sur notre malchance légendaire. Dès l’entrée du village on se précipite chez le garagiste, un type un peu bougon mais ma foi nous ne sommes pas très regardants. Alors qu’on va enfin pouvoir changer cet écrou de malheur, le charmant garagiste, dans une fausse manip, nous perce l’amortisseur. Se rendant compte de son erreur, et n’ayant aucune solution pour la réparer il amorce une transformation instantanée en Mr Hyde, et sous nos yeux ébahis, et légèrement abrutis par la journée de route que nous avons dans les pattes, le voilà qui commence à nous insulter: « allez dégagez maintenant, rentrez dans votre pays… » gestes à l’appui.
Nous voici donc, par magie, dans une posture encore plus mauvaise qu’à notre arrivée dans le village. Ni une ni deux, on décide d’aller trouver les gendarmes pour essayer de voir ce qu’il est possible de faire contre notre gentil garagiste. Ceux-ci nous expliquent qu’ils ont déjà eu à faire à lui, que Monsieur a déjà une jolie réputation mais qu’hélas ils ne peuvent rien pour nous. En guise de consolation ils nous offrent une douche chaude et un repas. Comme Vincent ne veut pas les vexer il me refile ses bouts de viande en douce, c’est comme ça que je me retrouve à manger double ration de guanaco, ce joli camélidé au regard de Bambi…

C’est donc sur trois pattes que nous repartons le lendemain matin en direction de Gobernador Gregores, la ville, la vraie, celle où finalement ils n’ont pas d’amortisseur pour nous. Une soudure plus tard et nous revoilà sur la route.
La prochaine étape est El Chalten, et ses superbes pics enneigés. La météo est de notre côté et nous piaffons d’impatience à l’apparition de la Cordillère de l’autre côté de la pampa.

La petite ville d’El Chalten se situe juste au pied du magnifique cerro Fitz Roy.

Une fois sur place, et bien que la journée soit déjà bien avancée, l’un des guardaparques nous convainc de profiter du ciel limpide pour entamer une randonnée. C’est donc en milieu d’après-midi que nous nous lançons à l’assaut de la laguna Torre.
Si beaucoup de voyageurs vantent la beauté de la Patagonie au printemps, nous ne sommes pas en reste avec les couleurs de l’automne. Le paysage rougeoyant offre un contraste saisissant avec les glaciers aux reflets bleutés.

Et l’arrivée sur la lagune nous réserve une belle suprise: de nombreux blocs de glace se sont détachés du glacier sur l’autre rive et émaillent la surface de l’eau, offrant au regard des formes et des couleurs insolites.

Sur le chemin du retour, le soleil couchant modifie à chaque minute les couleurs de la nature.

Le soir au camping on a la bonne surprise de recroiser Hanna et Sandy avec qui on avait fait connaissance à Cochrane, de l’autre côté de la frontière.

Après une journée maussade à errer dans le village et malgré un ciel peu prometteur on décide d’entreprendre la rando qui mène à la laguna de los Tres, au pied du cerro Fitz Roy.

Le ciel a beau se couvrir de plus en plus on se dit qu’il faut y croire, et puis les couleurs de l’automne sont tellement belles sous cette lumière.

Lorsque la neige commence à tomber un doute raisonnable s’installe dans nos esprits. Il serait peut-être de bon ton de faire demi-tour. C’est d’ailleurs ce que nous suggèrent tous les randonneurs que nous croisons : « hého les deux couillons, au cas où vous n’auriez pas remarqué il neige, faut pas rester là. »

Mais comme on est un peu têtus on décide de faire une pause pour manger et de décider ensuite du chemin à prendre. C’est donc face à un panorama légèrement bouché que nous dégustons nos sandwichs:

Et là, miracle, un rayon de soleil finit par percer. Notre bêtise a fini par payer.

On gravit donc les quelques kilomètres restant pour enfin arriver à la lagune. Et nos efforts sont largement récompensés.

Ce n’est qu’une fois redescendus qu’on apercevra le cerro entièrement découvert.

Le lendemain matin c’est sous une neige bien plus drue que nous faisons nos adieux à El Chalten pour rejoindre El Calafate.

Pour vous la faire courte, une fois à El Calafate le dessous du combi se met à emettre des bruits peu catholiques. Hors de question dans ces conditions de rouler jusqu’au Perito Moreno. Heureusement pour nous Hanna et Sandy ont aussi prévu de s’y rendre, c’est donc à bord d’un autre combi jaune que l’on se rend au pied de ce formidable glacier.

Je serais incapable de dire combien d’heures nous avons passé là, à simplement observer ce champ de glace.

Et à l’écouter aussi. Car lorsqu’un bloc de glace se détache, il ne le fait pas en silence. Le grondement qui accompagne sa chute est tonitruant.

Je vous épargnerais l’analogie douteuse entre les blocs de glace du Perito Moreno qui s’effondrent avec fracas et nos joints homocinétiques qui eux non plus ne souhaitaient pas partir en silence. Après deux nuits au garage, on fait nos adieux à El Calafate et ses flamants roses, direction la frontière et un autre parc mythique: celui de Torres del Paine.

Une réponse à “Argentine #4 : A World of Ice and Fire

  1. Coucou les voyageurs !
    Ici les Migati, les couleurs sont magnifiques à l’automne !
    Nous pensons bien à vous.
    Bises de nous deux.

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