Guatemala # 2 : Et c’est là que nos ennuis ont commencé

En quittant le Biotope on était assez confiants dans le bon déroulement des choses pour le reste du pays. A Cobán on a fait un check-up du combi ainsi qu’un changement de bougies qui devait mettre fin à ces bruits d’explosion que produisait notre pot d’échappement dans les descentes.
Spoiler alert : deux mois plus tard le bruit est toujours là après 6 passages dans des garages.
Bref on s’est rendu compte assez vite que notre problème n’était pas résolu. On a donc pris la décision de trouver un mécano sur Ciudad Guatemala après avoir visité Antigua et les bords du lac Atitlán.
Par contre notre trajet jusqu’à Antigua nous aura permis de constater deux choses amusantes. La première c’est les fameux « chicken buses ». Il s’agit d’anciens bus scolaires des USA qui viennent passer leur retraite en Amérique Centrale. Comme je le lisais sur le site des Life Remotely, parler de retraite pour ces vieux bus scolaires revient à imaginer votre grand-mère qui se mettrait au roller derby. Les chicken buses sont repeints dans des couleurs criardes et déboulent sur la route en faisant assez peu de cas des autres automobilistes, gare à celui qui déciderait de se mettre en travers du chemin !
L’autre chose assez singulière qu’on aura découverte sur ce trajet c’est que les messieurs qui ont une envie urgente à soulager sur le bord de la route, plutôt que d’aviser un arbre ou un champ en restant dos à la route ont mis au point une méthode infaillible pour pouvoir se soulager tout en préservant intact le voile de la pudeur : ils pissent sur leur voiture, face à la route. Ça nous surprend beaucoup et nous fait rire à chaque fois.
Arrivés sur Antigua on a opté pour la solution de facilité : le parking de la police touristique, à deux pas du centre-ville où on a l’autorisation de camper pour 5 jours moyennant un petit pourboire. Quelle ne fut pas notre surprise en arrivant là-bas de découvrir pas un ni deux mais trois autres combis !

On a sympathisé avec nos voisins et suivi leurs recommandations sur le fonctionnement des lieux. En effet, la police touristique héberge des voyageurs mais également des officiers de police, jusque là tout est normal. Et le bloc sanitaire (douches froides et toilettes) est divisé en deux parties : une réservée à la police et une pour les touristes. C’est là qu’entrent en jeu les connaissances de nos voisins de camping : il y a quelques trous dans les murs qui séparent les douches des policiers de celles des touristes et, oh surprise, on ne les aperçoit que d’un seul côté du mur, je vous laisse deviner lequel. Chaque jour il fallait donc penser à boucher les trous avant de se doucher (et oui car, mystérieusement, les petits bouts de sopalin coincés dans ces interstices disparaissaient très vite…) Heureusement que c’était gratuit ! On a donc utilisé l’intégralité de notre forfait 5 jours à Antigua, l’occasion de prendre un peu le temps et de rencontrer d’autres voyageurs comme les Bicyklettes.
Bien que la ville soit très belle, on n’aura pas le coup de cœur tant attendu. C’est sans doute dû au fait que ce soit une ville modelée sur les « besoins » des occidentaux (j’entends par là les restaurants français, italiens, chinois, les hostels en pagaille, les bars branchés et les locaux qui flairant le gringo à 200 mètres à la ronde te parlent systématiquement en anglais.) Malgré tout on est ravis d’y avoir la vie aussi facile : le camping gratuit, le marché à 100 mètres, le centre-ville à 200.
En définitive une très belle ville mais sans trop de charme, de notre point de vue d’enfants gâtés par les villes coloniales mexicaines !

L’un des avantages indéniables d’Antigua c’est sa proximité avec tout un tas de volcans. On choisira le plus facile à escalader : le Pacaya qui est l’un des deux volcans actifs du Guatemala. On se lèvera donc à 5 heures du matin pour aller faire l’ascension. Notre groupe est composé en grande partie de touristes israéliens très désagréables. Ils parlent très mal au chauffeur du bus et au guide, ne font aucun effort pour parler espagnol. Une fille se mettra même à bouder sur le trajet aller car le chauffeur refuse de s’arrêter pour qu’elle s’achète un café…
Mais il en faut plus que ça pour mettre à mal les petits Haroun Tazieff qui sommeillent en nous. Et même si on ne peut pas monter jusqu’au cratère car les fumerolles sont trop dangereuses on se dit que le grand vulcanologue ne serait pas peu fier de nous en nous voyant griller nos chamallows sur la roche volcanique. Plus sérieusement ce n’est pas la randonnée la plus marquante de notre périple mais les vues qu’elle nous offre sur la vallée et les volcans voisins (le Fuego, l’Acatenango et l’Agua) est très agréable.

Au bout de cinq jours on laissera Antigua derrière nous pour rejoindre Panajachel, sur les bords du lac Atitlan. La ville elle-même est sans intérêt, il s’agit surtout du point de départ pour aller explorer les bords du lac en bateau-taxi. Mais la vue sur le lac y est d’une beauté à couper le souffle. Tout au long de notre séjour à Panajachel nous ne manquerons pas une seule fois le moment de « l’Atardecer » (le coucher de soleil).

Notre deuxième jour sur place nous emmènera à Santiago de Atitlán et à San Pedro la Laguna. Globalement on ressortira un peu déçus de la première: le tourisme a envahi les lieux et rend complètement impossible une interaction non commerciale avec les locaux. Ainsi en entrant dans une galerie d’art pour y jeter un œil aux peintures naïves on se fera presque foutre à la porte en avouant au peintre qu’on ne vient pas pour acheter une toile… Le marché reste néanmoins assez authentique, avec ses indiennes qui se pressent entre les étals.

San Pedro est un peu plus paisible que Santiago, on parviendra à se perdre un peu dans le dédale de ruelles. En arrivant sur la place principale on ira faire un tour dans l’église, qui nous rappelle un peu celle de San Juan Chamula, tous les indiens venant y pratiquer une religion qui mélange catholicisme et chamanisme. On s’assied donc discrètement dans le fond pour s’imprégner de l’atmosphère. C’est sans compter sur le gardien des lieux qui vient nous faire la causette. Au début on se dit que ce monsieur est très avenant avec nous puis on se rend vite compte qu’il se désintéresse complètement de Vincent. En fait il est franchement en train de me draguer. Même lorsqu’on lui affirme que nous sommes mariés il n’en croit pas un mot et continue à me faire du gringue. On sort donc rapidement de l’église et on décide d’investir au plus vite dans une fausse alliance pour repousser les ardeurs de mes futurs prétendants.
On fera un crochet par le petit marché couvert où l’on achètera des galettes de chocolat à une petite mamie qui s’était endormie derrière son stand.

En fin d’après-midi toujours le même rituel : on s’installe sur les berges du lac et on regarde le soleil se coucher.

Pour notre troisième jour sur place on prend un bateau pour San Juan la Laguna, un autre petit village dont les murs sont couverts de fresques naïves.

Pour gagner San Marcos la Laguna on décide de prendre un tuk-tuk. Sage décision : la piste qui mène au dernier village offre des panoramas saisissants.

En arrivant à San Marcos on se met en quête d’un restaurant. Il paraît que le village est très prisé des hippies et des backpackers bobos. La plupart des restos proposent donc des plats végétariens. L’ambiance « zen », c’est-à-dire tous les commerces qui proposent des cours de yoga et de méditation, ce n’est pas vraiment notre truc. Une fois de plus le lieu a été modelé sur les attentes des touristes et personne dans le village ne semble parler espagnol… On ne s’attardera pas sur place.

Enfin pour notre dernier jour dans la région on décide de laisser le combi et de prendre un bus pour la ville de Chichicastenango, dans les montagnes, célèbre pour son immense marché. Pour l’occasion tous les indiens des villages voisins descendent vendre leurs marchandises. On nous a prévenu que le marché draine aussi son lot de touristes, mais on a envie de jouer le jeu. Et l’on ne sera pas déçus ! L’ambiance qui règne sous ces grosses bâches de plastique est très animée, il faut jouer des coudes pour arriver à avancer dans les minuscules allées. On (enfin je) décide qu’il est absolument vital d’acheter une couverture sur le marché. On commence donc à négocier avec une vendeuse. Le prix nous paraît un peu élevé, on décide d’aller faire jouer la concurrence. Pendant 15 minutes notre vendeuse va nous suivre sur le marché, surgissant à chaque fois au moment où l’on s’y attend le moins pour nous proposer un prix plus bas. On comprend alors qu’il s’agit de sa première vente de la journée, or les Guatémaltèques étant très superstitieux, si cette vente échoue c’est de très mauvais augure pour le reste de la journée. Nous repartirons donc avec notre couverture pour une vingtaine d’euros. Vincent est ravi d’hériter de 3kg supplémentaire dans le combi, d’autant que la couverture ne va pas nous servir beaucoup en Amérique Centrale. Après ça on se met en quête de notre « alliance ». Après s’être arrêtés à plusieurs stands pour touristes on avise un vendeur de bibelots et de superbes bagues dorées. Vincent lui demande le prix. L’homme commence à relever la tête en annonçant « veinte » puis ses yeux tombent sur le visage d’un gringo et le « veinte » devient « cincuenta », on éclate de rire et notre marchand, pris en flagrant délit de gonflage des prix consent à nous céder le superbe bijou pour 20 quetzals, soit à peu près 2 euros, une affaire en or, à l’instar de mon alliance…
Après ces âpres négociations on s’arrête à l’un des nombreux boui-bouis au cœur du marché pour y manger des tamales. On passera ensuite l’après-midi à rôder entre les étals pour acheter quelques fruits et légumes.

On rentre passer une dernière nuit à Panajachel dont on partira à l’aube pour rejoindre le garage de Guatemala.

Une fois sur place on apprend que notre pot d’échappement est en piteux état et on décide de le changer. Pourtant notre bruit d’explosion continue… On se voit alors obligés de désarmer le moteur afin de trouver ce qui cloche. Après plusieurs réparations, notamment le changement de plusieurs valves, notre bruit continue. Ce qui est plus surprenant c’est que désormais notre moteur chauffe beaucoup. Mais le mécano nous assure que c’est normal, le temps que toutes les pièces qu’on a démontées se réajustent il y aura un peu de chauffe… Soit !

On quitte donc le garage moyennement rassurés, au bout d’une centaine de kilomètres on se rend compte que notre bruit d’explosion est toujours là. Et le garagiste de Guatemala qui nous a assuré 15 fois que notre moteur allait bien et que maintenant il suffisait d’avoir la foi, mouais, on va voir.
Initialement on voulait sortir du Guatemala via le Honduras pour rejoindre la côte Caraïbe mais, renseignements pris, la météo nous annonce un Belize bis. On opte donc pour un changement de plan et on met le cap sur le Salvador.

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